Réseaux sociaux : ce que l'interdiction change vraiment
Depuis le 1er septembre 2026, les moins de 15 ans ne peuvent plus créer de compte. Ce que le texte dit, ce qu'il ne dit pas, et ce qu'il reste à décider chez vous.
Le texte a été adopté le 21 juillet, il s'applique depuis ce matin, et la plupart des parents en ont entendu parler par un titre de journal. Ce qui suit est ce que le texte fait réellement — sans le commentaire, sans la panique, et sans prétendre qu'un produit règle la question.
La règle tient en une ligne : en France, un mineur de moins de 15 ans ne peut plus créer de compte sur un réseau social.
Tout le reste — les comptes déjà ouverts, la vérification de l'âge, les plateformes exactement concernées — mérite qu'on s'y arrête, parce que c'est là que se joue votre quotidien.
Non, s'il a moins de 15 ans. C'est effectif depuis le 1er septembre 2026.
Jusqu'au 1er janvier 2027. L'interdiction s'étend ensuite aux comptes existants.
Non. Ce n'est pas un seuil d'accord parental. C'est une interdiction.
Ce que le texte interdit
Le Parlement a adopté définitivement l'interdiction le 21 juillet 2026, après plusieurs mois de navette. C'est une première en Europe.
Le calendrier se fait en deux temps. Depuis le 1er septembre 2026, la création de compte est fermée aux moins de 15 ans. À partir du 1er janvier 2027, l'interdiction s'étend aux comptes déjà ouverts.
Cette bascule en janvier est le point que presque personne n'a retenu, et c'est le plus concret. Si votre enfant de 12 ans a un compte aujourd'hui, il ne le perd pas cette semaine. Il le perdra à la rentrée de janvier. Vous avez quatre mois pour préparer ça — c'est court, mais c'est mieux que d'être pris de court le 2 janvier au matin.
Adoption définitive par le Parlement, après plusieurs mois de navette parlementaire.
Interdiction de créer un compte pour les moins de 15 ans. Effectif aujourd'hui.
L'interdiction s'étend aux comptes existants. Les comptes déjà ouverts sont concernés.
Ce que le texte ne dit pas
Trois angles morts, et ils comptent.
Il ne dit pas comment l'âge sera vérifié. C'est la question technique la plus lourde du dossier, et elle se règle par décret et par les dispositifs mis en place par les plateformes elles-mêmes. Concrètement : personne ne sait encore à quoi ressemblera l'écran de vérification en janvier.
Il ne dit pas ce qui remplace. Un enfant privé d'un réseau social ne devient pas un enfant hors ligne. Il migre — vers la messagerie de son jeu, vers le groupe de classe, vers l'appareil d'un copain. C'est votre travail, pas celui de la loi.
Il ne dit rien de la messagerie. Appeler, envoyer un message à un proche, être localisé : rien de tout ça n'est un réseau social, et rien de tout ça n'est concerné. En revanche, l'usage des objets connectés à l'école est encadré par un autre texte.
La loi retire une chose. Elle n'en propose aucune à la place.
La France n'est pas seule
L'Australie a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans fin 2025, et le Royaume-Uni s'apprête à suivre. Ce qui se joue en France s'inscrit dans un mouvement plus large, et il est raisonnable de partir du principe que la règle ne s'assouplira pas.
Le 22 juin 2026, l'UNESCO et le CLEMI ont publié avec 37 experts internationaux un guide destiné aux parents. Deux chiffres en ressortent : 9 parents sur 10 déclarent s'être déjà disputés avec leur enfant à propos des écrans, et 1 parent sur 2 estime manquer d'accompagnement sur les questions numériques.
Ce qui veut dire, si on lit entre les lignes : le problème n'a jamais été que les enfants aient accès. C'est que les parents soient seuls face à la décision.
Si votre enfant a entre 6 et 12 ans
La loi ne change pas grand-chose à votre situation immédiate — la plupart des plateformes fixaient déjà 13 ans comme âge minimum, sans le vérifier sérieusement.
Ce qu'elle change, c'est le cadre de la conversation. Jusqu'ici, « non » était votre décision, et donc négociable. Aujourd'hui c'est la loi, et ça ne l'est plus. C'est confortable, et c'est un peu paresseux de s'en contenter.
Parce que la vraie question, celle qui se pose dès 8 ou 9 ans dans une cour de récréation, n'est pas est-ce que je peux avoir TikTok. C'est est-ce que je peux avoir un téléphone. Et là, il n'existe aucune loi pour trancher à votre place — nous avons rassemblé des repères sur l'âge du premier téléphone.
Quatre choses à faire ce mois-ci
- Faites l'inventaire des comptes existants. Y compris ceux que vous ne connaissez pas. Posez la question franchement, sans sanction à la clé — l'objectif est de savoir, pas de punir.
- Notez la date du 1er janvier 2027. Si un compte existe, il tombe à ce moment-là. Mieux vaut une fermeture préparée en décembre qu'une suppression subie en janvier.
- Vérifiez le contrôle parental de chaque appareil. Depuis le 13 juillet 2024, tout appareil connecté vendu en France doit intégrer un contrôle parental gratuit, activable dès la première mise en marche. Il est souvent présent et jamais activé.
- Séparez deux besoins qu'on confond tout le temps. Être joignable et être connecté ne sont pas la même chose. Un enfant qui rentre seul de l'école a besoin du premier. Le second peut attendre.
Ce que nous en pensons, honnêtement
Nous vendons une montre. Il serait facile d'écrire que cette loi valide notre produit, et ce serait malhonnête.
Une montre connectée n'est pas une réponse à l'interdiction des réseaux sociaux. Elle ne remplace ni une conversation, ni un cadre familial, ni le fait d'accompagner un enfant dans son premier usage du numérique. Aucun objet ne fait ça.
Ce qu'elle règle est plus étroit, et c'est justement pour ça qu'elle fonctionne. Le besoin auquel elle répond — savoir que l'enfant est arrivé, pouvoir l'appeler, qu'il puisse vous joindre — est un besoin de contact, pas un besoin d'écran. Les deux ont longtemps été fournis par le même objet, le smartphone, et c'est ce paquet-là que la loi vient de rendre difficile à défendre.
Notre position est simple : entre 6 et 12 ans, séparez les deux. Donnez le contact. Reportez la connexion.
De quoi le joindre, pas de quoi le connecter.
Appels, localisation et bouton SOS. Pas de navigateur, pas d'application, pas de réseau social. Vous choisissez qui peut l'appeler.
Découvrir ARKO Kids — 109 € Retour 30 jours · SAV en FranceArticle à jour au 1er septembre 2026. Les modalités d'application étant précisées par décret, vérifiez l'état du texte avant toute décision.